LES FLORIDA KEYS

RM_504441Situé au sud de la Floride, cet ancien repère de pirates composé d’îlots reliés par des ponts interminables est devenu le paradis des sports aquatiques, du farniente Floridien et des fêtes branchées. Le Saint-Tropez Américain en quelque sorte.

Trait d’union entre le Golfe du Mexique d’un côté et l’Océan Atlantique de l’autre, les Keys, constituées de plusieurs dizaines d’îles coralliennes s’étendent sur environ 160 kilomètres. Véritable défi à l’Océan, ces bouts de terre sont reliés par d’interminables ponts, on en compte 42, régulièrement mis à mal par les tempêtes, ouragans et autres cyclones. Paradoxe de l’histoire, entre ces épisodes météorologiques parfois tragiques, les Keys constituent un véritable paradis, terrain de jeu privilégié des américains, amateurs de pêche, de ballade aquatique et de plongée. Depuis 1990, les quelques 108 miles reliés par des ponts interminables sont devenus un immense sanctuaire marin.  On répartit généralement les Keys en cinq zones : RM_504431Key Largo, Islamorada, Marathon, Lower Keys et Key West, la ville la plus méridionale des Etats-Unis, là ou se trouve la borne kilométrique zéro. Key West est aussi l’un des endroits les plus festifs de l’Amérique du nord.

Dès 1912, l’archipel et Key West était relié à Miami par une ligne ferroviaire. En 1935, un cyclone balayait la voie ferrée qui ne fut jamais reconstruite. Aujourd’hui, c’est en voiture, en bateau ou en jet-ski que l’on découvre l’archipel. Pour s’y rendre, plusieurs moyens. L’avion, bien sûr, avec un petit plus pour les vols de nuit, dévoilant de manière féérique cette guirlande de lumière. On peut aussi choisir le bateau, en faisant escale dans les nombreux ports de plaisance qui jalonnent la côte depuis Miami. Cependant, le moyen le plus traditionnel reste l’auto en empruntant la célèbre US 1. Evitez si possible de vous y rendre le vendredi soir ou le samedi , car de nombreux Américains de Miami et des villes avoisinantes y passent leur week-end et vous risquez de vous retrouver dans de long embouteillages, un peu comme sur l’autoroute A13 au sortir de Paris un week-end de printemps. Enfin, il existe un dernier moyen de parcourir les quelques 108 miles des Keys ( car ici on ne compte pas les distances en km mais en miles ), c’est la Harley Davidson. Véritable religion outre Atlantique, cette moto de légende est le moyen, le plus agréable de se déplacer sur l’unique route rectiligne. Elle se loue à Miami ou à Key Largo. Vous ne croiserez guère d’autres marques sur la route.
RM0202599Key Largo, la porte du paradis
Après la sortie de Florida City, nous roulons plusieurs  kilomètres au milieu des Everglades. Malgré les nombreux parkings improvisés, les panneaux signalant des alligators n’incitent pas à s’arrêter. Sans même nous en apercevoir, nous voilà à Key Largo, véritable entrée des Keys. Dénommée « Long Key » à l’origine, ce bout de terre fut rebaptisé après le succès du film « Key Largo » avec Lauren Bacall et Humphrey Bogart. Le bateau de Bogart, « L’Africa Queen » est d’ailleurs toujours au mouillage. C’est la plus grande des îles. Elle accueille à elle seule, chaque année, 700.000 amateurs de plongée et de ballade aquatique. Rien d’étonnant à cela avec plus de 600 espèces de poissons différentes, les récifs coralliens des Keys sont parmi les plus riches des Caraïbes. La première réserve sous-marine, John Pennekamp Coral Reef State Park date de 1951. Les faibles profondeurs les rendent accessibles à tous. Et puis les Keys sont à l’image de la Floride, un vaste parc d’attraction sous-marin.
RM_308135Les plongées et les balades aquatiques équipé d ‘un simple masque, palmes et tuba, sont rendues solennelles par la présence sous l’eau d’une statue, le Christ des Abysses ( la réplique d’une oeuvre immergée près de Gênes en Italie). C’est la capitale mondiale de la plongée et du snorkeling. Et puis, les dangereux prédateurs que sont murènes et barracudas sont devenus les animaux favoris d’un plongeur, Captain Slate’s. Adressez-vous à l’Atlantis Dive Center pour découvrir en sa compagnie les merveilles du monde sous-marin. Et si vous rêvez depuis toujours de passer une nuit sous la mer, rien de plus facile. Il suffit de se rendre au Jule’s Undersea Lodge, un hôtel sous-marin ancré à 9 mètres de profondeur. Seules précautions à observer durant les 24 heures suivant le retour à la surface: pas d’avion ni de plongée au-delà de 11 mètres!

IMG_8180CIslamorada, capitale mondiale de la pêche
Plus au sud, après Tavernier, le premier vrai pont permet de rejoindre Islamorada. Cette île a bâti sa renommée sur la pêche et en particulier la pêche au gros. Là, nous rejoignons le port. Royaume du Bass Boat, bateau plats et rapides adaptés aux eaux peu profondes, nous ne pouvons résister au plaisir d’embarquer pour une petite séance de fishing. L’eau plate se prête à merveille à la vitesse et il est difficile de résister longtemps à l’appel de la poignée des gaz dans le coin, comme disent les plaisanciers. Cependant, il faut se faufiler dans des chenaux étroits dont le fond nous est inconnu. La prudence est donc de mise. Le long de la mangrove, nous croisons quelques bateaux qui pêchent au filet avec une dextérité remarquable. Nous passerons notre temps à admirer les paysages de mangroves, laissant les cannes rangées. Quelques heures plus tard, nous regagnons Robbie’s Marina, le bac à poissons….vide. Qu’importe, la terrasse nous attend et quelques minutes plus tard, c’est un énorme soda à la main que l’on regarde le retour des pêcheurs. Visiblement certains ont eu plus de chance. Devant la pesée, un énorme enclos a été aménagé. Quelques touristes y jettent des morceaux de poisson à une armée de poissons Tarpons affamés. Finalement, on aurait été bien embêté avec ça au bout du fil. Nous finissons la balade par le World Sportsman, qui est certainement le plus grand magasin de pêche existant. A l’intérieur, on y trouve une réplique grandeur nature du bateau d’Hemingway, « The Pillar ». Superbe ! Pendant ce temps quelques Harley au look psychédélique ont rejoint le parking tandis qu’un Hummer jaune tracte un joli Bass-boat. Nous avons soudain l’impression d’être au cœur de la démesure et de l’excentricité.
RM_308132Marathon, l’escale paisible
A quelques dizaines de minutes en bateau, Marathon offre un contraste fort avec Islamorada. Par la route, il faut franchir deux ponts et traverser Layton. En dépit de son nom, évoquant la course, cette île offre une grande tranquillité. Véritablement « habitée », Marathon ressemble à un petit village du nord de la Floride, le panorama en plus. C’est ici que ce tenait la base de l’historique chemin de fer qui reliait jadis les îles. Aujourd’hui, on y trouve un centre de recherche sur les dauphins que l’on peut visiter. Si l’on est en bateau, c’est sans aucun doute l’escale la plus reposante du périple. A la sortie de Marathon, démarre le célèbre « Seven Mile Bridge » qui, comme son nom l’indique, mesure 7 miles, soit 11 kilomètres de long. Chaque année, une grande course à pied y est organisée.

Big Pine Key et les Lower Keys, pause nature
Amoureux de la nature, les Lower Keys vous attendent. Constituées de multiples îlots, les Lower keys demeure aujourd’hui encore très préservées. La plongée, le snorkeling ( la ballade RM_504404aquatique équipé d’une paire de palmes, d’un masque et d’un tuba ) et la pêche y sont bien sûr autorisés. Mais la réglementation mise en place permet de garder ce sanctuaire presque intact. Rien de tel pour sauter dans le bateau et aller taquiner le Snook, le Tarpon ou le thon, d’autant qu’il est inutile de partir très loin pour les trouver. Il suffira juste d’avoir assez de technique pour sortir vainqueur de la bataille. Après ça, un bain dans les eaux translucides de Pine Key sera juste récompense. En apnée ou avec des bouteilles, le spectacle est magnifique. Les criques et recoins sont nombreux. On se baigne au milieu de nombreux poissons ludjans. De quoi émerveiller petits et grands.

Key West, le Saint-Tropez Américain
A mesure que l’on s’enfonce dans une succession de ponts interminables, le paysage composé de mangroves essentiellement devient plus sauvage. La route prend fin à Key West. Un ancien repère de pirates autrefois, reconverti dans la pêche aux éponges et devenu aujourd’hui en quelque sorte le Saint-Tropez Américain. La ville ne manque pas de charme avec son architecture coloniale et sa population hétéroclite. Artistes, marginaux, retraités, touristes viennent goûter ici aux charmes du farniente floridien. Si l’aventure de la découverte des Keys vous tente, il ne vous reste plus qu’à arpenter Duval Street jusqu’au front de mer pour assister au RM_504423coucher du soleil, un verre à la main, sur le quai Mallory Dock . La lumière décline, commence alors une autre vie. Jongleurs, musiciens, peintres et artistes de tout poils déclinent leurs talents tandis que les terrasses regorges de convives. On y déguste les spécialités locales, poissons, homards et autres fruits de mer, avant  d’investir les pubs de Duval Street au rythme de la musique cubaine, éloignée de seulement 90 miles, la nuit ne fait que commencer. Et les fêtes branchées de ce haut lieu, à l’instar d’Ibiza aux Baléares et de Saint-Tropez sur la French Riviera. Dès lors tout semble permis. Les bikers côtoient quelques androgynes à l’ambiguité colorée tandis que la gay génération s’affiche façon Village people. On oublierai presque que Key West est aussi une escale incontournable pour tous les plaisanciers et croisiéristes et surtout, qu’elle fut, pendant les années 30, la résidence d’Ernest Hémingway. Là même où il signa « les Neiges du Kilimandjaro », « l’Adieu aux armes » ou encore « Pour qui sonne le glas ». Le président Truman ainsi que Tennessee Williams y séjournèrent également, ce n’est certainement pas un hasard. Avant de partir de Key West, il faut absolument escalader les 80 mètres de haut du phare pour profiter de la vue sur une partie des keys. Et partir à la découverte en bateau des Dry Tortugas. Des îlots encore plus au sud, loin des dégâts de la civilisation, où la nature règne en maître. L’hydravion permet également de rejoindre cet endroit magique. Vous survolerez de vastes peu profondes où nagent tortues marines, requins et quelques fois des baleines.

Après avoir goûté à la magie de Key West, une autre sorte de magie prend le relais. Pour retrouver le continent, il n’y a qu’un seul chemin, revenir sur nos pas, à moins de décider de partir vers le large en bateau, mais ce serait dommage. Du coup, on peut à nouveau se délecter du calme des Lower Keys, du retour de pêche à Islamorada ou encore des équipages colorés des plongeurs de Key largo. Un bis répétita bien agréable qui fait encore une fois des Keys un endroit unique et envoutant.

www.fla-keys.com

Retrouvez notre grand reportage sur les Florida Keys dans notre magazine EAU Mag N°2

Commentaires

3 Responses to “LES FLORIDA KEYS”
  1. Albert dit :

    Je ne connaissais pas cette région. Mais au regard de ce magnifique reportage, la prochaine fois que je passe par Miami, je descends jusqu’à Key West et je plonge dans la réserve de John Pennekamp.

  2. Anne dit :

    Superbe ….du rêve à l’état pur!

  3. jp66 dit :

    Bravo pour ce reportage! Et en plus je vais commander le magazine.

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